Archives pour mars 2008

Sur Arte le 1er avril : Humour aux pays des soviets

Voir la politique et l’histoire des régimes soviétiques par la lorgnette du rire ! Un rêve exaucé avec ce documentaire délicieusement insolent, collision effrénée d’images d’archives, de blagues et de témoignages de ceux qui résistèrent par l’humour.
 Arte, le 1er avril, à 23h00.

Andreï et le voyage en France

Tel que paru dans le journal Divia

Venez en France, decouvrez-la, aujourd’hui chacun ou presque peut le faire …

“Un groupe d’habitants de Tikhvine vient de rentrer de France…” Il me semble que ça résonne comme “ des barbares sauvages ont visité la cour de l’empereur Justinien”. Très bête et péjoratif. On a visité, et quoi donc? On est allé, et quoi de surprenant? Aujourd’hui presque chacun est capable de le faire, il faut juste avoir la volonté. Donc je commence sans prétexte…

Paris-Hérouville-Caen
La banlieue de Paris, la station de bus. L’entrée dans le métro est aussi ici. On descend : la station à l’intérieur a l’air bizarre, le métro est assez vieux. Les portes dans les trains ne s’ouvrent pas automatiquement, il faut les ouvrir. On est dans le train. La station “Saint-Lazare”. La gare “Saint-Lazare”- c’est là qu’on prend notre train. Le bâtiment de la gare est aussi assez vieux mais beau. Les quais sont pareils que sur les tableaux de Claude Monet, il manquait les nuages blancs de la vapeur – son époque est terminée.
On est dans le train, la voiture est très spacieuse, il y a très peu de monde. Un jeune homme en uniforme pousse un chariot, il vend des glaces et de la bière. Les paysages changent très vite, le train va sans arrêt jusqu’a Caen.
Caen est la capitale de la Basse Normandie et à côté Hérouville-Saint-Clair, la ville jumelle de Tikhvine. C’est là que notre délégation ou tout simplement les touristes se dirigent. Mais on a l’invitation de la part de la Mairie d’Hérouville. On est hébergé dans les familles françaises et non pas à l’hôtel. Donc on sera parmi les gens. On est ému.
Mais ce n’était pas la peine. A Caen les représentants de la Mairie sont venus nous chercher en minibus directement à la gare, on a fait le tour de la ville, et ensuite on nous a emmenés à la Mairie. C’est un bâtiment à l’architecture ultra moderne avec l’hôtel de ville, un café, une salle de conférence et une grande cour plantée des fleurs. C’est novembre mais il y a beaucoup de fleurs et de verdure partout.
L’après-midi on va se promener à Ouistreham, un petit bourg au bord de la-Manche d’où les ferries partent pour l’Angleterre. Le sable brun et jaune avec des petits filets de laitue de la mer, des morceaux de pierres grises, la marée haute, un panneau “Baignade interdite”. Pas beaucoup d’envie, il fait assez froid.
Au retour à la Mairie, on a fait connaissance avec nos familles d’accueil.

Mémorial de Caen 

Le matin, notre première visite est pour le Mémorial de Caen. C’est Presque comme chez Tolstoï, “Le musée de la guerre et la paix”. On descend l’escalier, dans l’histoire. Les années 20, 30, 40…Daladier, Chamberlain, Hitler, la Seconde Guerre Mondiale et l’occupation. Les expositions sont grandes et intéressantes, beaucoup de 4×4 militaires américains. On peut même monter à bord mais pas rouler, dommage! 

- »Puis-je prendre une photo ?” - “Pas de probleme.” 

La salle consacrée au Siège de Leningrad. Les murs sont revêtus de marbre noir. La flamme des bougies se reflète sur le marbre. Des copies du célèbre journal de Tania Savitcheva. La salle suivante nous présente
la Bataille de Normandie en plusieurs maquettes, cartes et à l’aide de l’informatique. Beaucoup d’enfants- collégiens et lycéens. Ils regardent ou se mettent par terre pour noter quelque chose dans leurs cahiers. Mais ils sont sages, ils ne font pas de bruit, ça nous a surpris. 
Toutes les expositions sont impressionnantes, mais la chose qui nous a le plus impressionnés, c’est un film produit dans une petite salle. Il a pour titre “La Bataille de Normandie” et il nous raconte le débarquement des troupes alliées. L’écran est divisé en deux parties. A droite – la situation dans le camp des alliés, à gauche – chez les Nazis. Même les écoliers n’arrivent pas à cacher leurs larmes. 

Deauville-Trouville-Honfleur 

Le lendemain – le bord de La Manche. La chaîne de petites villes – Deauville, Trouville, Honfleur telles qu’on les voit sur les toiles d’Eugène Boudin. Il y a des fleurs partout : dans les parterres, sur les fenêtres et même sur les toits. Et quelles façades pour les maisons! Ça vaut le coup de les voir! La ville ancienne de pirates, Honfleur, son quai très célèbre tant aimé par les impressionnistes. Les rues sont très étroites, on peut toucher les murs des maisons opposées. Il y a beaucoup de petits cafés, restaurants et musées. Y compris le musée d’Eugène Boudin. 

La ville est petite, mais on marche beaucoup parce qu’on a envie de voir le plus possible. Bien sûr qu’on n’arrive pas à tout voir, il faudra revenir, c’est mieux au printemps ou en été. S’installer dans un petit café sur la terrasse, boire un verre de Calvados, observer des pécheurs et yachts. Et le soir revenir à Hérouville ou faire un détour par le pont de Normandie.

Le Mont Saint Michel 

Et enfin le Mont Saint Michel! La montagne et le monastère dont les murs sortent des rochers. C’est une merveille! Par contre, un des bâtiments du monastère porte le nom “merveille”. Saint Michel est un des saints les plus respectés en France. Le monastère a été construit pendant plusieurs siècles et par plusieurs architectes. Ici se mélangent le style sévère roman et le gothique flamboyant. Le monastère est entouré de la ville. Une très petite ville qui se compose d’une seule rue qui de temps en temps se transforme en escalier. Beaucoup de boutiques de souvenirs, petits cafés et restaurants. Et quand on descend et le regarde d’en bas on admire encore une fois la maîtrise merveilleuse des architectes de l’époque.  Pas loin du Mont Saint Michel, dans la vallée verte, au carrefour des routes sous le toit triangulaire on peut voir une autre merveille de la technique agricole locale. C’est un appareil de fabrication de Calvados. C’est l’alcool à base de pomme. On le vend dans un petit magasin juste à côté ainsi que le cidre et d’autres liqueurs au prix de 15-20 euros. Après avoir acheté du Calvados, on continue et d’un coup on voit deux tables. On s’installe, et on sort du Calvados et des sandwiches. On peut le faire seulement dans les endroits où c’est marqué “pique-nique”. C’est bien aménagé, il y a de petites tables, des poubelles peintes en couleurs très vives et même des toilettes. C’est une bonne idée. 

Musée des Beaux-Arts de Caen

Il se trouve dans le château ancien d’où on a un beau panorama de Caen. Le premier étage est consacré à l’art traditionnel, il y a des toiles classiques à l’huile par Charles Melin et d’autres et une salle de photos modernes, en général des photographes japonais et finlandais qui traitent le sujet des problèmes familiaux et de l’écroulement du monde.  Dans les salles du rez-de-chaussée est représenté l’art moderne – cubisme, pop-art, etc., qui nécessite de longues réflexions. C’est dans cette salle qu’il y a beaucoup de visiteurs, en général jeunes et enfants. Ils sont assis par terre en écoutant attentivement leur guide qui essaie de parler avec beaucoup d’émotion du charme de ces toiles dont la plupart n’ont même pas de titre. A Caen il y a aussi un marché, la statue à César (Guillaume ou Louis XIV ?), l’église où Guillaume le Conquérant est enterré. Sur la pierre tombale il y a une inscription: “le grand duc de Normandie et le roi de l’Angleterre” à qui la ville a du sa gloire.

Hérouville-Saint-Clair

La ville d’Hérouville-Saint-Clair a été construite dans les années 60e du siècle passé, avant il n’y avait qu’un petit village à cet endroit, Dans la ville il y a beaucoup de verdure, de fleurs et de pistes cyclables. Il y a beaucoup d’espace, des maisons individuelles et presque pas de “tours”. Au centre ville la zone qui s’appelle “Citadelle” comprend des bureaux et des magasins. Le symbole de la ville est le château d’eau tricolore, construit en 1967. Il sert de lieu pour lancer le feu d’artifice le 14 juillet – la Journée de la prise de la Bastille.

A Hérouville il y a beaucoup de terrains de sport, de parcs, de stades, 3 collèges et 2 lycées (en fait 4 et 3 respectivement). La Mairie ou autrement “Hôtel de Ville” est entourée des parterres de fleurs, on en voit de pareils partout dans la ville. A côté de la Mairie se trouve “Télécafé” (Cityzen Café) où nous étions très bien accueillis. 

L’épilogue. Paris. 

C’était la station “Alma-Marceau” qui est située au centre de Paris mais tellement mal entretenue qu’elle nous rappelait certains coins russes. Le soir arrive. C’est la grève et le transport ne circule pas. Il y a trop de monde sur le quai. On attend sur le banc. Le prochain train arrive dans une heure et demie. Donc on a le temps. On discute de ce qu’on vient de voir à Paris : les expositions d’art sur le quai d’Orsay,
la Tour Eiffel bien sûr, plus loin
la Maison des Invalides en encore plus loin Notre-Dame et la Cité. On n’a pas eu le temps d’y aller. 
Une heure et demie plus tard on annonce que tous les trains sont annulés. On monte l’escalier et on cherche le stationnement des taxis. On ne les arrête pas n’importe où ici. La ville est très belle le soir mais on est trop préoccupés de ne pas rater notre bus  qui doit partir dans deux heures. D’ici jusqu’à la station de bus “Euroline” il y a 50 minutes en métro, donc on a encore le temps. Mais les chauffeurs de taxis sont aussi en grève et pour ceux qui n’y participent pas il y a trop de monde. Il nous reste encore une heure, cinquante minutes, quarante minutes…Pas de chance! Enfin on arrive à arrêter une voiture avec un billet de cinquante euros dans la main. On passe devant l’Arc de Triomphe, place Charles de Gaulle, les Champs, Rue de Rivoli. Trente minutes, vingt…et on n’est pas encore arrivés. Enfin on voit de loin des grands bus blancs. On devine que c’est “Euroline”. Le chauffeur nous dit “Bonne chance!” mais on ne l’entend pas. On se précipite à toute vitesse vers les bus: “Paris-Londres”, “Paris-Madrid”, “Paris-Berlin”. Voila, c’est pour nous! On monte et on entend le cri de joie poussé par notre groupe qui n’espérait pas nous revoir aujourd’hui. Il était 7h29. On est parti une minute après. 

P.S. 

Au nom de l’Association Amitié Hérouville, nous remercions la ville d’Hérouville-Saint-Clair, notamment le Maire Rodolphe Thomas, ses collaborateurs Mariannick Lefranc et Boudallahy Kamara, le Président de l’Association Amitié Tikhvine, M Philippe Hannot, le directeur de l’école Gringoire et son chef, tous ceux qui nous accompagnaient pendant les différentes visites et tous ceux qui nous ont accueillis.

Ce que pensent les Russes de leur situation

L’institut Levada a effectué entre le 2 et le 26 janvier un sondage national sur la manière dont les Russes perçoivent leur situation sociale, avec les résultats suivants :
- les choses ne vont pas si mal                     33%
- la vie est difficile mais supportable             50%
- la situation est devenue insupportable      11%
- ne savent pas                                              6%

Ce qui marque bien une amélioration de la situation, mais indique aussi que nombreux sont les Russes qui n’en bénéficient pas.

Une plainte déposée devant la Cour Européenne des Droits de l’Homme

  »La Loi, toujours la Loi ! »

Mais pourquoi la Russie ne respecte-t-elle pas ses lois ?

A Strasbourg, 47 juges protègent les droits de 900 millions d’Européens. Même si 90% des requêtes sont jugées irrecevables*, l’institution croule sous les affaires. En 2007, 79400 étaient en cours, dont 26% contre la Russie (3% contre la France). Dans un entretien accordé au journal Ouest France (25 février 2008), le président Jean-Paul Costa juge cela préoccupant : « En adhérant à la Convention européenne des droits de l’Homme, la Russie a mal mesuré ses obligations. »

C’est ainsi que Lidia Kroutitskaïa (Крутицкая Лидия Михайловна), présidente de l’association La Croix Verte et Youri Kroutitsky (Крутицкий Юрий Евгеньевич), ainsi que d’autres signataires citoyens de Tikhvine, ont déposé une requête contre le gouvernement de la Russie, pour violation des Droits de la Personne. Seraient violés les articles 3, 42 et 130 de la Constitution de Russie.

Un rappel historique indique que la ville avait eu à subir une pollution importante de la part de l’usine Transmach (fabrique de tracteurs … qui employait plus de 21000 salariés) pendant 40 années, avait subi une pollution radioactive suite à l’accident de Tchernobyl, ce qui avait conduit à l’interdiction de l’implantation de nouvelles usines « écologiquement dangereuses ». Malgré cela, les fonctionnaires du gouvernement autorisaient l’implantation d’une usine ЗАО СП « Metall » de fabrication de ferrochrome sur le site de l’ancienne usine. A l’époque, la pollution par les métaux lourds restait très forte, et une installation de cette sorte ne pouvait qu’inquiéter la population, qui se prononçait contre ce projet lors d’une consultation publique en 1994 et ensuite lors d’un referendum en 1997. En 1999, ЗАО СП, faisant partie du groupe НПО, faisait faillite. La construction de l’usine était stoppée.
En 2001 était créé la holding ИСТ reprenant НПО, et en 2004 l’usine inachevée de Tikhvine ЗАО СП, rebaptisée ЗАО «Тихвинский феррохромный завод» («ТФЗ») était reprise à son tour par le groupe, et en mai, les travaux reprenaient selon l’ancien projet. Et l’action des habitants contre le projet redémarrait (republication de l’acte juridique municipal, selon la loi d’autonomie locale puis saisie du tribunal de Tikhvine qui rendait un jugement favorable aux habitants le 9 août 2005. Mais l’entreprise faisait appel, pour violation du droit de l’entreprise, devant la Cour régionale de Leningrad qui cassait le jugement et donnait satisfaction à ZAO « ТФЗ », ignorant totalement la Loi 131 FR. Les actions en justice se poursuivaient jusqu’en mars 2007, mais en avril 2007, la production commençait.

Seul recours possible, la Cour Européenne des Droits de l’Homme. Pour quel résultat ? Dernièrement, dans un entretien accordé au journal Le Figaro et publié le 29 février, G. Kasparov déclarait que « La Cour Européenne des Droits de l’Homme abandonne le peuple russe ».
Certes la Russie n’est pas le seul pays à pratiquer ainsi, mais cela n’excuse rien.

Ferrochrome est là (900 emplois créés, dont 600 Kazakhs venus de l’extérieur, ce qui relativise un peu l’impact sur l’emploi local). Le projet a évolué, pour le mieux sans doute. Mais l’on parle déjà d’autres implantations industrielles, plus dangereuses encore. L’emploi oui, mais pas à n’importe quel prix. Alors c’est un peu rassurant de voir que certains ne baissent pas les bras.

*Pour être recevable, tous les recours dans le pays d’origine doivent avoir été épuisés, et le dépôt doit être effectué dans les six mois suivant la dernière décision rendue.  

 

 

Films russes à l’affiche à Caen, au cinéma Lux

Du 19 au 25 mars, nouvelle programmation du film L’ILE, de Pavel Lounguine, avec Piotr Mamonov, Olga Demidova, Dmitri Diojev, Ianna Essipovitch, Viktoria Essakova, Youri Kouznetsov, Nina Oussatova, Viktor Soukhoroukov… (voir article du 9 janvier)

Du 2 au 8 avril, LE BANNISSEMENT (Изгнание), de Andreï Ziaguintsev (son premier film, Le Retour, avait été très remarqué), avec Konstantin Lavronenko (Prix d’interprétation masculine à Cannes 2, Alexandr Balouev, Maria Bonnevie, Vitali Kichtchenko, Igor Sergueev…

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Sur Arte : Noureev – From Russia with Love

Passé à l’Ouest en 1961, Noureev accédera à une renommée mondiale, mais restera toujours nostalgique du ballet du Kirov. Riche d’archives inédites, notamment sur la période russe, ce film revient sur la carrière mouvementée du danseur.

 lundi 17 mars 2008 à 22:35

Rediffusions :19.03.2008 à 03:00 et 06.04.2008 à 09:45

Noureev – From Russia with love, un film de John Bridcut
(Royaume Uni , Russie, 2007, 89mn)

Georguy Sergeevich Lavrov

Grace aux recherches de M. et Mme Leiser de Strasbourg, nous avons eu des informations complémentaires concernant la tombe du soldat Georguy Sergeevich Lavrov, corrigeant les données que nous avions. M. Lavrov (Lawrow tel qu’orthographié sur la tombe et dans les documents) est en fait enterré au Cimetière Sud de Strasbourg, dans le carré des soldats soviétiques.

       Cimetière Sud de Strasbourg - Carré Russe(Ph. MMme Leiser)

Situé au Sud de Strasbourg, ce grand cimetière s’étend sur un peu plus de 11 ha. Il a été créé en 1800 pour recevoir les défunts des quartiers Neuhof-Stockfeld.

Un monument aux morts y a été édifié à la mémoire des soldats de ces quartiers tombés au cours des deux dernières guerres.

L’Histoire y est encore représentée par plusieurs carrés à la mémoire de militaires, de déportés ou de soldats soviétiques morts dans la lutte contre le nazisme.

          R.Leiser.p3040007r.jpg

Obélisque à un soldat russe près de Strasbourg

Il y a quelques jours dans mon bureau  est entré un homme assez âgé, très ému, il pouvait à peine parler, il avait des larmes dans ses yeux – tellement grande était son émotion. Il s’excusait parce que, probablement, il était venu à une mauvaise adresse …  S’étant enfin calmé, il a commencé l’explication au sujet de sa visite. Youri Lavrov et sa famille tentaient de chercher pendant 67 ans son père qui avait disparu pendant la Seconde Guerre Mondiale. 

Il y a deux semaines son gendre a fait la demande par Internet. C’est une des plus grandes inventions du 20ème siècle!

        Youri Georgievich m’a montré les copies des documents – la carte personnelle de prisonnier du camp de concentration du STRUTHOF dans la commune de Natzwiller,
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à 55 km au sud de Strasbourg, le message qui a annoncé  que son père, Lavrov Georguy Sergeevich est décédé alors qu’il était prisonnier et qu’il est enterré au cimetière militaire dans la ville de Haguenau au nord de Strasbourg. Les photocopies des photos de l’ancien camp de concentration, les cimetières, une série d’obélisques … et en gros plan – l’obélisque avec l’étoile et le nom LAWROW GUERGU – SOLDAT …. 
Tout cela lui a été  envoyé immédiatement de la mairie de la ville de Strasbourg et du Consulat de Russie à Strasbourg. En plus, la mairie de Strasbourg est prête à aider Youri Lavrov à venir en France et rendre hommage à son père. Youri Lavrov est venu dans mon bureau pour demander de traduire en francais la lettre de  reconnaissance qu’il veut envoyer à la mairie de Strasbourg.  « … je voudrais amener une poignée de la terre de Tikhvine  et la mettre sur la tombe de mon père, et prendre une poignée de la terre française, et l’amener à Tikhvine … », - a dit,  en essuyant ses larmes, le fils аux cheveux blancs du père qui a péri à 36 ans dans les chambres de torture du camp de concentration allemand, mais ses restes ont été abrités par la terre française …    

Elen Smirnova 

Pourquoi j’apprends le français

Quand j’étais petite je rêvais d’avoir beaucoup de livres à la maison. Je rêvais aussi d’apprendre à jouer du piano bien et d’apprendre plusieurs langues étrangères.
J’ai grandi. Ma vie n’a pas été facile puisque mes soeurs et moi, nous avons été élevées par nos tantes (ma mère est décédée quand j’avais 9 mois). Malgré les difficultés j’ai terminé mes études à l’Université en 1958. Mais je ne peux pas dire que j’ai pu réaliser tout ce que je voulais. Certainement j’ai collecté une grande bibliothèque à la maison. Il y a beaucoup de livres des écrivains russes et étrangers, notamment français, anglais et américains. Je regrette que je ne joue pas du piano mais ma petite fille cadette, Valia, a fini l’école de musique, donc elle joue du piano. Maintenant permettez-moi de me présenter. Je m’appelle Valentina. J’habite Tsaritsyno Ozero qui est à côté de Tikhvine. Je ne travaille pas, je suis en retraite. Je parle anglais. Je peux lire aussi en anglais. Je parle allemand un peu. A mon avis c’est intéressant et utile de parler plusieurs langues étrangères. C’est pourquoi je veux apprendre le français. J’ai commencé à étudier le français il y a quelques années.
J’aime lire la littérature étrangère. Il y a beaucoup de livres de célèbres écrivains français à la maison : Stendhal, Flaubert, Hugo, Verne, Balzac, etc. Je lis des livres des écrivains anglais en version originale, je voudrais lire les oeuvres des écrivains français dans le texte aussi. Quand je lis en français, souvent je ne cherche pas des mots inconnus dans le dictionnaire, parce qu’ils ressemblent aux mots que j’ai appris en anglais. Nous savons qu’en 1066 les Normands ont conquis l’Angleterre. Cet événement a influencé le développement de la langue anglaise. Beaucoup de mots français ont été assimilés et complètent le vocabulaire anglais. C’est pourquoi il y a beaucoup de mots du même radical en anglais et en français. Par example:
Abandonner- abandon
Calme-calm
Editer- edit
Capacité- capacity
Il est intéressant qu’il y a beaucoup de mots qui sont prononcés en russe comme en français:
Abat-jour
Canapé
Charme
Garde-robe, etc.
Ces mots empruntés du français ont enrichi le vocabulaire russe. Nous les comprenons et estimons comme les nôtres.
Donc l’apprentissage des langues étrangères est très important et nécessaire pour tous les gens. Ca nous permet de communiquer avec les étrangers et comprendre leur culture.
En juin 2003 j’ai visité Paris, Caen et Hérouville. J’ai été accueilli dans une famille française à Mondeville chez Lucie et Philippe. Et je me souviens souvent de leur hospitalité, cordialité et sollicitude. J’ai gardé aussi de bons souvenirs de la Fête de la Musique et notre promenade à Caen le 21 juin. C’était Stanislava, la mère de Lucie qui m’a invitée à cette fête. Les musiciens amateurs, solistes et en groupes, orchestres et chorales sont sortis dans les rues et ont joué dans les endroits publics. C’était une atmosphère joyeuse et vraiment magnifique!
J’ai commencé à étudier le français il y a quelques années. Pour obtenir de bons résultats je travaille presque chaque jour et j’essaie d’organiser ma journée d’une façon que j’aie le temps pour mes études. Je voudrais parler bien la langue du peuple français qui a de tels grands hommes célèbres dans le monde entier. C’est pourquoi j’apprends le français.

Mes échanges avec la France : 1991 et suivants

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En 1991 j’ai visité pour la première fois Hérouville avec le groupe des écoliers de Tikhvin.

Pour moi, une élève de 13 ans, tout ce voyage, à partir de la passerelle de l’avion, c’etait le miracle.

Maintenant, 17 ans après, il me semble, que c’était le rêve.

Il y a un peu de photos et, grâce à Dieu, les RELATIONS, qui ne se sont pas interrompues malgré les années et la distance.

En 1991 j’etais accueillie par la famille VIOLET. J’avais beaucoup de la chance – Katia parlait russe un peu, et moi, je parlais un peu français. Nous communiquions parfaitement et comprenaient l’une l’autre, parlaient longtemps sur tous les sujets.
Grâce à cette famille j’ai visité Paris.
Nous nous promenions à Paris le soir, et je ne pouvais pas croire, que tout cela se passe avec moi.

Plusieurs années sont passées, mais je me souviens toujours de la chaleur exceptionnelle d’Hélène, Christian, Katia, Sabrine et leur maisonnette confortable au bord de la rivière avec les buissons sentant bon les roses!

En 1993 on m’avait accordé de nouveau la possibilité de visiter Hérouville. J’étais déjà plus âgée et c’était déjà mon deuxième voyage en France, mais tout etait percu, comme pour la premiere fois.
Cette fois-ci j’etais accueillie par la famille Dupont. Je n’etais pas la première russe accueillie dans cette famille. Je ne sais pas pourquoi, mais j’ai eu de la chance de nouveau. J’etais entourée des relations chaudes humaines.
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Malheureusement, Alain et Emilie etaient beaucoup occupés – ils avaient une journée dense d’étude, mais je ne manquais pas de leur attention. Je communiquais beaucoup avec leurs parents, Michèle et Jean-Pierre. Pour moi ils sont un bon exemple des relations humaines idéales.
Je leur suis très reconnaissante pour ce qu’ils m’ont donné la possibilité de se rencontrer encore une fois avec Catherine (Katia Violet) et sa famille,à l’époque ils vivaient dans une autre ville.

Je suis tres contente, que le destin m’ait offert les rencontres et les connaissances avec ces deux familles, avec qui je corresponds toujours.

Je regrette que depuis quelques ans j’ai perdu le contact avec la jeune fille, que j’ai accueillie en 1994 – Jeanne Florance. D’après les dernières nouvelles que j’ai eues d’elle- elle a eu une fille, et sa mère etait gravement malade. Je n’ai reçu aucune réponse depuis.

En 1995 j’ai accueilli Nelly Brian, mais je suis tombée malade et elle a été obligée d’aller dans une autre famille. Donc les relations n’ont pas réussi.

Je suis contente et fière de ces relations que je garde toujours.

Et je suis infiniment reconnaissante à ces gens, grâce à qui ces relations sont apparues dans ma vie.

Victoria Danilova (Chibko)

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